Expressions Artistiques et Culturelles

FORMATION

Des formations croisées culture éducation populaire pour renouer avec l’altérité et son pouvoir d’agir

Le cycle de formations croisées culture éducation populaire s’est terminé en création partagée à la MJC Montchat le jeudi 29 avril.

Nous sommes vraiment ravis d’avoir pu maintenir et réaliser toutes les sessions de ce parcours de formation dans un tel contexte sanitaire. Nous tenions à remercier tou.te.s les participant.e.s pour leur présence, engagement et implication, la Médiathèque de Vénissieux, le Centre Social de Vaise, le CinéDuchère, la MJC de Bron et la MJC de Montchat de nous avoir mis à disposition leurs espaces et accueilli chaleureusement dans le respect des règles sanitaires. Nous remercions aussi tout particulièrement tous les intervenant.e.s, notre partenaire clé Direction des services départementaux de l’éducation nationale du Rhône représenté par Rémi Duclos et l’équipe des ArTpenteurs et Michel Kneubühler !

Ces formations ont toujours été des lieux de partages et d’échanges, elles ont pris un rôle d’autant plus important cette année en offrant ce cadre propice à la relation aux autres et à la transmission de culture en tant que «  circulation de sens » (Mayer Bisch, 2014).

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Session 5 : une expérience de la création partagée

Cette 5ème session de formation s’est construite autour de l’univers poétique et philosophique d’Alain Kerlan, philosophe à l’Université de Lyon et Yves Henri, artiste plasticien, sculpteur. L’objectif était de revenir sur l’expérience artistique vécue collectivement et individuellement le jeudi 1er avril et d’analyser, interroger et comprendre ce qui fait «création partagée».

Le travail artistique d’Yves Henri et Alain Kerlan autour du thème du Vaisseau Fantôme a démarré durant l’automne 2016, sur l’île grecque de Léros. Ils ont construit tout un projet autour d’une sculpture monumentale d’un navire fantôme, pour mettre en exergue le problème tragique des migrants durant leur tentative de traversée, faire vivre une mémoire locale et souligner la notion même d’éphémère (« tous sur la Terre, nous sommes condamnés à ne rester qu’un temps compté puis à devenir des fantômes »).

Le jeudi 1er avril, ce même binôme met en situation de création partagée les participant.e.s à la formation grâce à une conférence-performance d’une vingtaine de minutes dont l’introduction est la suivante :

« Passant passante, toi qui devant le Vaisseau Fantôme t’arrêtes, et t’interromps, de quoi te souviens-tu quand tu regardes à ton tour l’horizon ? »

Par petit groupe de 4 ou 5 personnes, les participant.e.s se sont emparés des outils mis à disposition : bâches plastifiées, scotchs, cordes, tasseaux… pour créer et faire ensemble. Faire quoi ? Personne ne le sait vraiment au démarrage, mais se laisse prendre au jeu, comme un retour à l’enfance, et exprime son imaginaire et l’ « Homo Aestheticus » qui est en lui, « l’être humain qui prend plaisir à l’apparition de formes » (cf. conférence qu’est-ce qu’une forme ?). Alain Kerlan nous le rappelle : « l’émerveillement du tout petit enfant est une jubilation profondément esthétique ».

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Le jeudi 29 avril, presque 3 semaines plus tard, il est temps de revenir sur cette expérience et de ce qu’il en reste comme ressenti et comme questionnement pour chacun.e.

A nouveau en plusieurs groupes, un temps de synthèse est prévu pour y répondre grâce aux axes de réflexions suivants :

  • la création partagée : quel cadre ? quelles conditions ? quels ingrédients ?
  • la création partagée : quels protagonistes ? quels intervenant.e.s ? quelle est la place et le rôle de l’artiste ?
  • la création partagée : quelles relations ?

La création partagée est une expérience qui met en relation les singularités des participant.e.s dans une horizontalité où chacun.e peut endosser le rôle de facilitateur.rice, initiateur.rice ou acteur.rice. C’est une immersion qui peut parfois bousculer ou déranger si le cadre n’est pas suffisamment solide, bienveillant et explicite car elle vient interagir avec l’intime. Les notions de confiance et de responsabilité individuelle et collective sont donc indispensables.

La création partagée propose un terrain exploratoire pour mieux se connaître soi-même grâce à la relation avec l’autre, elle permet d’apprendre à accepter les propositions des autres tout en osant affirmer les siennes. Elle peut offrir dans le lâcher-prise et dans l’expérience esthétique, un sentiment d’exister. Elle permet d’être soi avec les autres, dans la médiation expérientielle.

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Session 4 : l’outil numérique, un objet artistique et un levier d’éducation populaire

La journée du 2 mars était l’occasion de reformuler les enjeux actuels de l’éducation populaire et souligner leurs fortes résonances avec les objectifs et les valeurs des outils numériques comme outils d’aide à l’émancipation, favorisant l’accès aux savoirs élargis et pouvant aussi être des outils d’expression et de création artistique.

En co-construction avec l’équipe de la Cyberbase de Bron nous avons eu la chance d’accueillir Démostalie, qui nous a présenté leur travail sur la voix et l’impression 3D autour de leur projet « polyphonies intimes » avec des publics en insertion ou migrants, notamment en partenariat avec le Foyer Notre Dame des Sans Abris. Anaïs met der Anxt de Scenocosme est venue présenter leurs créations autour des hybridations entre technologie et éléments vivants et naturels pour rendre sensibles les variations énergétiques infimes entre les êtres vivants. Les participant.e.s à la formation ont pu expérimenter l’oeuvre d’art numérique interactive Synergies, qui crée des mises en scènes narratives grâce à la manipulation d’éléments vidéos ou éléments images en « mapping ».

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Cette formation a aussi permis de revenir sur de notions telles que la littératie, « l’aptitude à comprendre et à utiliser le numérique dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses compétences et capacités » et comprendre les enjeux d’inclusion numérique grâce à Caroline Galumbo, responsable du cyber-espace et médiatrice numérique depuis 15 ans.

Enfin, cette session était aussi l’opportunité de revenir sur les différents rôles du numérique :

  • le numérique au service de la culture de communs avec Charlotte Rizzo, co-fondatrice du tiers-lieu La MYNE
  • le numérique au service de projets artistiques avec Laura Giraud de la Cyberbase de Bron : le festival RVBn de Bron
  • le numérique au service du pouvoir d’agir et de la participation citoyenne avec Josselin Rongier de la Cyberbase de Bron et le projet de la maquette Terraillon
  • le numérique libre, des valeurs communes avec l’éducation populaire avec Florent Romano de l’Association de Musique Libre.

On retient comme points en commun avec l’éducation populaire, l’apprentissage par la pratique, par le faire, le fameux « do it yourself » ; l’importance donnée à l’autodidaxie collective, c’est à dire à l’autoformation en groupe dans laquelle le formateur.rice ou l’animateur.rice a plus une posture de médiateur.rice pour articuler des individualités et a un rôle de facilitateur.rice d’intelligence collective.

Cette journée a permis de prendre conscience du pouvoir de chacun.e dans la gestion de sa relation au numérique, cette relation pouvant être au service d’une émancipation et d’une expression artistique et non pas uniquement une relation d’asservissement.

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