Expressions Artistiques et Culturelles

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FORMATION

Se comprendre au delà des mots !

Retours sur la session 2 des formations croisées culture éducation populaire – Projets culturels : langue française et diversité linguistique

Cette session s’est tenue au centre social des Etats-Unis les 3 et 10 décembre. Accueillis chaleureusement par sa directrice Elisabeth Soriano, elle nous a rappelé comment à  quel point   il était essentiel de valoriser chacune des langues des personnes afin que le manque vécu par certain.es.s ne parlant pas le français ne soit plus une fragilité mais au contraire une richesse.

A travers de ce temps d’ateliers singulier, divers présentations de projets, des présentations d’études de recherche du laboratoire Dynamique de Langage de la Maison des Sciences de l’Homme et l’expérience professionnelle des différents participant.e.s .Cette cette session a permis de répondre collectivement à plusieurs questions et enjeux :

  • Comment valoriser la langue maternelle des personnes ?
  • Comment en faire une force, une richesse, un appui dans l’apprentissage d’autres langues telles que le français ?
  • Comment mener des projets autour du plurilinguisme ?

Cette session était aussi l’occasion de prendre conscience de la diversité des langues qui nous entourent au quotidien, avec les différents publics avec lesquels nous travaillons.

Nous avons d’abord réalisé en petits groupes une biographie langagière : chaque personne a placé des langues sur le corps humain. Quelles sont les langues du coeur, les langues de la tête, celles des mains, des genoux, du ventre … ? Et pourquoi ? Chacun.e a pu raconter son histoire des langues et la partager à son groupe. Cet outil vient questionner la relation que chacun.e a avec les langues, elle permet de se réapproprier son histoire avec les langues et prendre conscience de ses expériences plurilinguistiques. Il redonne du sens aux contacts des langues pour pouvoir valoriser nos identités plurielles.

Ensuite le laboratoire Dynamique du Langage a permis d’apporter une vision globale sur les 7000 langues dans le monde, en rappelant leur organisation, leur transmission et malheureusement de plus en plus leur disparition avec les effets de la mondialisation.

Au cours de la 2ème journée, nous avons vécu un atelier de mise en voix animé par Patrice Vandamme de la Cie des Artpenteurs, et nous nous sommes adressés des poèmes en plusieurs langues.

Un atelier radio Babel animé par Serge Sana de la Tribu du Herisson a permis à certains de vivre un podcast et partager leurs expériences en répondant à comment ils  parvenaient à faire cohabiter le français et les autres langues au quotidien ?

Un atelier avec le jeu Kosmopolit animé par le laboratoire Dynamique du Langage, a permis de jouer avec la diversité culturelle, d’expérimenter les différentes langues, se familiariser avec des sonorités en jouant le rôle d’une équipe de service d’un restaurant aux cuisines du monde.

Un film décrivant tout le processus ayant amené au jeu.

Images du projet de médiation mené avec le collège  Gabriel Rosset.

Jean-Luc Vidalenc, membre du conseil scientifique du CMTRA en présentant le projet Histoires de langues   , a rappelé la grand nombre d’enfants grandissant avec plusieurs langues, l’importance donc de modéliser des moments où l’on va partager ensemble des littératures orales, autoriser de parler toutes les langues, créer des espaces de sécurité où l’on peut exprimer sa diversité : « reconnaître et prendre appui sur la diversité des langues des familles pour une éducation inclusive ».

 

L’après-midi, encore d’autres projets ont été présentés :

  • le projet de La Chorale Intergalactique  : une mise en lumière de chansons de l’immigration récoltées auprès des habitants  dans le quartier de Belleroche à Villefranche sur Saône, présenté par Maëllis Daubercies, chargée de médiation et d’action culturelle du CMTRA
  • des projets scolaires menés dans le cadre de la Biennale des Langues 2021 avec le Pôle Allophones et 12 dispositifs UPE2A et la compagnie des ArTpenteurs .
  • Brigitte Baumie, artiste musicienne et poète est revenue sur la langue des signes et présenté de projets de création avec la langue des signes

En synthèse,  Michel Kneubühler a animé un temps d’échanges sur les observations des participant.e.s autour des enjeux, des conditions nécessaires pour ce type de projets et les points de vigilance, résumés dans l’ arbre à mots.

La reconnaissance de l’identité d’une personne passe par la reconnaissance de sa langue maternelle. Afin de rentrer en relation, il est essentiel de créer des espaces d’expression où l’on puisse se comprendre au delà de mots et dans lesquels toutes les langues ont leur légitimité, leur égale dignité, où chacun.e puisse vivre pleinement ce droit culturel !

 

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