Expressions Artistiques et Culturelles

ATELIER

Quelques mots d’Amélie à propos de la journée de restitution des ateliers photo à l’EHPAD La Passerelle

« En tant que nouvelle volontaire en service civique chez Filigrane, j’ai assisté à la restitution de l’Atelier photo mis en place à l’EHPAD la Passerelle situé dans les Monts du Lyonnais à Larajasse. Ce projet, impacté comme notre vie quotidienne par les différents confinements et la crise sanitaire, a une saveur particulière pour tous·tes.

C’est en début d’après midi que nous arrivons, Emilie et moi, au sein de la résidence. Nous sommes rapidement conviées à la discussion des artistes avec le groupe photo. Nous faisons connaissance avec Madeleine, Benoit, Claudia, Laurette, Perrine, Jeanne, Anne-Marie, Germaine et Angèle, les photographes en herbe de cet atelier.

Maxime, l’artiste photographe, informe les participant·e·s qu’un montage a été effectué avec certaines photos prises par les résident·e·s (durant l’atelier, chaque participant a reçu un appareil photo analogique permettant de réaliser 36 photos), et que le film de restitution dure 11 minutes. Maud, l’artiste preneuse de son, montre ensuite au groupe les tirages photos qui seront mis en avant dans l’exposition photo de la salle à manger.

Ensemble, nous découvrons les tirages, souvent impressionnants de ces photos. Les discussions s’animent autour des artistes. Ayant réalisé les prises d’image au cours du mois de janvier et février, chacun ne se souvient pas exactement des photos qu’il avait prise. Les souvenirs remontent et certains blaguent sur le choix de photo de leurs collègues.

« Les groles, c’est ma photo. » Benoit

Avant de partir accrocher les photos, Maxime réexplique la démarche artistique de cet atelier, félicite une nouvelle fois les participant·e·s en leur disant que la qualité des photos prises est vraiment bonne, et qu’il a pris grand plaisir à les accompagner et à les voir prendre confiance en eux et en leur travail.

Avant de partir afficher les photos, Isabelle, l’animatrice propose un hommage pour les deux participant·e·s à cet atelier, décédé·e·s avant la restitution. Chacun partage quelques anecdotes et tente de se remonter le moral.

« Je suis sûre que de là où ils sont, Eugène et Francine vont regarder ce film avec nous cet après midi. » Laurette

On passe ensuite en salle des repas pour mettre en place l’exposition photo. Tout d’abord, il faut enlever les décorations d’anniversaire en place, comme nous le dit l’animatrice, ici c’est un lieu de vie où chaque événement est célébré.

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Après avoir installé les artistes en herbe, Maxime et Maud se prêtent au jeu de l’accrochage de photo. On réfléchit d’abord à comment les placer, pour la majorité du groupe, il faut mettre les photos en quinconce pour donner vie à ces clichés. Benoit lui, vote pour une exposition linéaire, mais finit par rejoindre l’avis du groupe.

On se met d’accord, l’exposition sera disposée comme une visite. On commence par accrocher au mur des photos prises à l’extérieur.  » C’est comme si on se promenait à la Passerelle « . Viennent ensuite les photos de l’intérieur de la résidence, du coiffeur, de l’intimité des chambres, mais également des photos prises par la fenêtre, durant le confinement. Tout s’installe dans la bonne humeur, sous l’œil attentif de Germaine « La photo là, elle n’est pas droite, et elle est trop proche des autres. »

Chacun prend plaisir à mettre en avant les réalisations du groupe. Cette salle étant accessible à tous·tes les résident·e·s , bénévoles, salarié·e·s et famille, c’est un véritable public qui pourra bientôt admirer cette exposition. Au fur et à mesure qu’on accroche des photos, d’autres résident·e·s s’approchent et s’intéressent à la mise en place. Tous·tes se prennent au jeu de l’installation. Et puis, on se prépare pour la projection du film, on met en place des chaises, on fait savoir à l’ensemble des résident·e·s que le film du groupe photo va bientôt être diffusé.

Avec une salle bien pleine, où une trentaine de résident·e·s se mélange aux bénévoles, salarié·e·s, artistes, élues et membres de Filigrane, l’impatience se fait sentir avec le début du film. Le groupe photo se place au premier rang, après tout, ce sont eux les artistes du jour.

Maud explique au reste du public comment elle a procédé pour la prise de son du film : grâce à des ateliers d’écriture, les artistes se sont ouverts petit à petit, partageant leur quotidien et leurs souvenirs.

Le film commence. L’association des enregistrements sonores, des souvenirs évoqués par les participant·e·s, mais également la douceur émanant des photos prises créent un film poignant et attractif.

Tout en prenant des photos de l’assemblée, nous découvrons les réactions des artistes, les sourires et émotions de chacun nous touche directement. Le film met également en évidence le vécu des résident·e·s durant les confinements et fait ressortir une véritable tristesse ressentie à ce moment là, mais également un réjouissement de pouvoir enfin se retrouver.

Surprise pour les participants de l’atelier, Maud et Maxime ont ajouté des photos anciennes et chères aux résidents, en ouverture du film.

« J’ai vu une photo de mon mari et de ses amis, je m’y attendais pas, ça m’a émue » Laurette

« Bah moi, je suis content des photos, Maxime, je suis content de lui, il nous a aidé à prendre des photos. Merci à vous tous d’être venus, merci à nous. Et Allez les bleus mercredi ! » Benoit

« Quand on nous a proposé cet atelier, on ne savait pas trop comment faire, mais ça c’est bien passé. On a passé un bon moment. Ça passe le temps et ça nous aide à vivre. » Germaine

 

L’animatrice fait remarquer que c’est un plaisir de donner la parole aux résident·e·s sur l’année qu’ils ont passé. Pour une fois, ce sont ceux dont on parle qui prennent la parole.

C’est important de combattre tous ces stéréotypes, les EPHAD ont mauvaise presse mais sont des lieux de vie où on fait des choses, on tente de nouvelles expériences, on prend le temps de vivre.

« A l’extérieur, tout le monde voit ça de manière négative. Mais dans notre maison, y’a de la vie et de l’énergie. »

Maxime nous informe que le film sera projeté dans un festival cet été, tout le monde est heureux, le film va sortir des murs et vivre. La parole des habitant·e·s sera portée par ce film.

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Pour le pot de fin de restitution, je reste tout d’abord à l’écart, souhaitant laisser les résident·e·s savourer leur moment. Puis, attirée par le roulé à la confiture réalisé par le chef de la résidence, je prends place à une table avec les résident·e·s. Car c’est un peu ça aussi, faire parti de Filigrane. C’est partager des moments avec les participants aux ateliers, échanger et faire tomber les barrières qui séparent les gens d’habitude. Grâce à cette projection, nous avons pu partager et échanger autour des photos prises, ce qu’elles signifiaient pour les artistes, mais également parfois échanger sur la vie en générale.

 

Certain·e·s résident·e·s ne se rappellent pas d’avoir pris ces photos et quand on leur montre, disent modestement que ça n’est pas possible, ça doit être leurs enfants qui les ont prises. Les artistes et animatrices prennent le temps de leur expliquer que non, ces photos sont bien leur réalisation et que si le film est aussi réussi, c’est grâce à elleux.

Quand nous sortons de la Passerelle, nous n’avons pas vu le temps passer grâce à cette après midi dans une petite bulle hors du temps. Sur le trajet du retour, nous échangeons avec Emilie, c’était une belle restitution où les résidents nous ont fait partager bien plus que les photos prises, mais également la douceur qui caractérise la vie au sein de cette résidence. »

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