Expressions Artistiques et Culturelles

FORMATION

Diversité linguistique et droits culturels !

Nous sommes ravi.e.s d’avoir pu commencer l’année en formations et remettre au cœur de nos échanges des enjeux essentiels autour de la diversité linguistique et des droits culturels.

Les sessions 2 et 3 se sont déroulées au Centre Social de Vaise Pierrette Augier et dans les locaux des ArTpenteurs à CinéDuchère.

Session 2 : projets culturels et plurilinguisme

La session 2 a remis en lumière la richesse de la diversité linguistique. A travers le portrait langagier, les participant.e.s ont repris conscience du nombre important de langues qui les entouraient, en lien avec les différents membres du corps :

  • les langues associées au cerveau ou les langues maîtrisées,
  • les langues associées à la bouche ou celles que l’on parle,
  • les langues associées à nos oreilles ou celles que l’on entend et comprend,
  • les langues associées au cœur ou celles que l’on aime particulièrement ou qui nous relient à des souvenirs ou sentiments,
  • les langues associées au ventre ou les langues associées « aux tripes »,
  • les langues associées à nos mains ou les langues de gestes,
  • les langues associées à nos jambes, ou les langues qui incitent au mouvement.

Chacun.e était libre de faire les associations qu’il ou elle souhaitait dans les représentations et les liens corporels. Cet outil, un peu comme la biographie langagière qui retrace les différents contextes et expériences vécus avec les langues, permet de dépasser une vision standardisée de l’apprentissage linguistique en montrant tous les rapports que chacun.e tisse avec elles.

Nous avons souligné l’avantage du plurilinguisme pour faciliter l’apprentissage de nouvelles langues, et insister sur l’importance du translangage et de l’intercompréhension comme méthodes pédagogiques qui font appel à la totalité du répertoire langagier des personnes.

Dans le translangage, ce qui est lu ou écouté tend à être dans une langue, et ce qui est parlé ou écrit dans l’autre langue. Cela permet par exemple à un enfant d’utiliser à l’école toutes ses compétences langagières acquises grâce aux langues qu’il parle, pour mieux apprendre la langue à l’école et s‘intégrer.

Jean-Pierre Chavaigne, chercheur au centre des langues de l’Université Lyon 2 nous a expliqué la méthode de l’intercompréhension :

« L’intercompréhension est d’abord une pratique du dialogue selon un schéma simple : c’est un échange entre des personnes de langues différentes, où chaque interlocuteur s’exprime dans sa propre langue. Pour que ce type de dialogue soit possible et se poursuive, il faut que chacun donne assez de sens à ce que disent les autres. Quand les langues se ressemblent, cette compétence est assez vite atteinte et particulièrement vite lorsque le dialogue se fait à l’écrit, où il est parfois possible, sans aucun apprentissage de la langue dans laquelle on lit, mais par simple transfert de ce qu’on sait faire dans sa langue maternelle et éventuellement dans d’autres langues, de tout comprendre ou presque tout. »[1]

Cette session de formation a aussi été un temps de poésie et de jeu. Les participant.e.s ont lu à voix haute des textes sélectionnés dans différentes langues et ils se sont transformés en équipe de service d’un restaurant aux cuisines du monde en jouant au Kosmopolit.

Enfin, Serge de la Tribu Hérisson a présenté un projet autour de la musicalité des langues et la création du Concert sous la langue ; Brigitte Baumié a partagé son travail autour de la reconnaissance de la langue des signes, le lien avec ses spectacles poétiques et son rôle comme outil de traduction entre les langues. Des intervenantes du pôle allophone de l’académie du Rhône ont fait découvrir des outils utilisés avec les élèves allophones primo-arrivants, autour du conte, et des supports mis à disposition des enseignants pour promouvoir les bienfaits du plurilinguisme.

Session 3 : projets culturels et mise en œuvre des droits culturels

La session 3 a permis de présenter en détail les textes fondateurs des droits culturels et en extraire les enjeux principaux sous formes de 8 mots clés : culture(s), droits, personnes, dignité, diversité, compétence, relation, participation grâce au travail de Michel Kneubühler.

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Ces enjeux ont été ensuite intégrés dans la méthodologie de projets. Les participant.e.s se sont réparti.e.s en 3 groupes pour construire des projets mettant en œuvre les droits culturels, c’est-à-dire :

  • des projets où les personnes en jeu sont libres d’exprimer leur dignité,
  • des projets qui s’adressent à ce que chaque personne a d’unique tout en prenant compte du collectif,
  • des projets qui font preuve d’horizontalité et favorisent la participation,
  • des projets qui prennent en compte l’universalité de la compétence culturelle.

Marie Evreux, responsable développement culturel-programmation culturelle et territoires à l’Opéra de Lyon, et Marion Cremona, facilitatrice et accompagnante d’organisations à la gouvernance partagée, membre de l’Université du Nous et de la coopérative Hum!, ont apporté elles aussi leurs regards sur les droits culturels et leurs conditions de mise en œuvre.

Marie Evreux a insisté sur 5 mots clés : réciprocité, sécurité, hospitalité, dignité et participation. Elle a souligné l’importance de la rencontre en amont de la réalisation des projets, de bien se connaître, d’être dans une posture à la fois de recevoir et de donner et non plus dans une approche descendante. Elle a mis en avant le rôle du cadre et des conditions d’accueil. Derrière la notion de dignité, elle a insisté sur le fait de ne pas parler à la place des personnes, de ne pas avoir des pensées figées sur le comportement des publics.

Quant à Marion Cremona, elle a présenté les outils, les méthodes et les postures essentiels dans la structuration d’une gouvernance horizontale et participative cf. ressources . Elle a souligné les 4 niveaux de participation : information, consultation, co-construction et décision, et le rôle essentiel de l’animation de cette participation. Les droits culturels sont l’expression d’une grande liberté, s’ils sont formalisés et cadrés pour avancer.

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[1] https://www.researchgate.net/…/304889668_Apprendre_a…

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